C’est magique
d’avoir un corps

Naia, sept ans et demie, assise dans la voiture dans laquelle je la conduis à l’école. Elle est silencieuse. Paraît absorbée en quelque pensée d’elle seule connue.

Puis :

« Papa. »

- Oui ?

- C’est quand même magique d’avoir un corps.

Je ne dis rien, je veux en savoir davantage.

Elle, toujours absorbée. Intensément. Comme si elle regardait quelque chose pour la première fois.

- Je regarde mon pied et ma tête le fait bouger.

Répétant, sur le ton de l’émerveillement :

« Papa c’est magique d’avoir un corps. »