Ce petit caillou vert pâle et translucide

Ce matin, sur la grève d'une crique méditerranéenne, un petit caillou vert pâle et translucide.

Un soleil magnifique, un ciel d'une pureté totale, emplissant l'espace d'un bleu à faire trébucher Yves Klein sur le tatami des anges. Une lumière bravant l'évidence calendaire, refusant d'admettre que l'été avait eu son temps.

Et ce tout petit caillou dans la petite main d’une enfant émerveillée.

Et plus loin, dans le parc municipal, ces bogues du grand arbre "calypus" ramassés à pleines mains, qui sentent bon et "réparent les petits bobos lorsqu'on les frotte dessus". Mais d'où pouvait venir cette idée ?

La lumière éclairant le visage de ma fille, ses pieds nus sur le sol, sa liberté heureuse sous cette belle lumière d'automne … Existe-t-il parmi les créations humaines chose plus grande et plus précieuse que cet instant, puisant à la joie et l'émerveillement de l'enfance innocente ? me suis-je demandé.

Le monde des hommes est engagé dans une vaste folie collective… il se déchire pas loin de là. Mais ici, ce matin-là, il se donne, il s'offre. Il est plein. Plein comme une évidence. Tellement plein que tous les matins d'avant se concentrent en lui. Plus parfait qu'il ne pourrait jamais l'être, dans aucune théorie politique, philosophique ou religieuse que ce soit.