Le sentiment
de la lumière

8 janvier 2019

Aujourd'hui, 8 janvier 2019 au matin, à Paris. Quelle joie dans le cœur de sentir que la lumière a changé! 

Ce n'est pas seulement que les jours rallongent. Ce n'est pas seulement qu'il y a plus de lumière, la différence est infime depuis hier, à peine quelques secondes de plus. Ce n'est pas seulement qu'il fasse plus chaud, différence imperceptible depuis hier également.

Ce qui est perceptible, c'est que la lumière est plus lumineuse. Plus imprégnée d'elle-même. Plus vibrante. Plus saturée. On pourrait dire : davantage présente à elle-même.

C'est ça que les peuples anciens sentaient et célébraient. C'est ça qui inspirait les chants, danses et fêtes du renouveau. Cette vibration nouvelle. Cette force nouvelle. Pas juste la durée. Pas seulement la quantité, comme on le dit toujours ("Ils célébraient le fait que les jours rallongent"). Ils célébraient aussi ce sentiment d'imprégnation, j'en ai la conviction.  

Le peintre de la lumière n'a pas seulement mis plus de peinture sur son pinceau, ou appuyé plus fort son geste, il a mis plus de pigments dans sa peinture. Le musicien solaire ne joue pas seulement la note plus longtemps ou plus fort, mais l'imprègne de davantage de sentiment. Le poète nitescent n'utilise pas seulement plus de mot, ni ne parle simplement plus fort, mais ses mots sont davantage chargés de sens.

Il y a la quantité, le poids et la substance. La qualité d'imprégnation de quelque chose est liée à la substance.  Le "plus" n'est pas le "davantage".

Ça me rappelle… En Taichi, le geste imprégné, c'est plus que le poids, c'est le poids plus la substance. S'il y a le poids sans la substance, le geste est vide. Mes maîtres de mouvement disaient : "Le poids n'est pas le fluide". Ils ajoutaient que lorsque le geste est juste, le sentiment du geste naît.

Ce matin, ce qui était clairement perceptible, c'était la renaissance du sentiment de la lumière. 

Le sentiment de la lumière… Y aviez-vous déjà pensé ? C'est beau, vous ne trouvez pas ?