Reste simplement là !

Extrait de : Guérir, de David Ser­van Schreiber (Robert Laffont)

Dans notre cul­ture du con­trôle et de l’action, la présence toute sim­ple a beau­coup per­du de sa valeur. Face au dan­ger, à la souf­france, nous enten­dons une voix intérieure nous hous­piller : « Ne reste pas là comme ça. Fais quelque chose ! ».

Mais dans cer­taines sit­u­a­tions, nous aime­ri­ons pou­voir dire à ceux que nous aimons : « Arrête de vouloir à tout prix « faire quelque chose ». Reste sim­ple­ment là !». Cer­tains savent trou­ver les mots que nous avons le plus besoin d’entendre.

J’ai demandé à une patiente qui avait beau­coup souf­fert pen­dant le long et dif­fi­cile traite­ment de son can­cer du sein ce qui l’avait le plus aidée à tenir moralement.

Mish y a réfléchi plusieurs jours avant de me répon­dre par e-mail :

« Au début de ma mal­adie, mon mari m’a don­né une carte que j’ai épinglée devant moi au bureau. Je la reli­sais sou­vent.
Sur la carte, il avait écrit :

« Ouvre cette carte et tiens-la con­tre toi… Main­tenant, serre fort. »

À l’intérieur, il avait tracé ces mots :

« Tu es mon tout – ma joie du matin (même les matins où nous ne faisons pas l’amour !), ma rêver­ie sexy, chaleureuse et rieuse du milieu de la mat­inée, mon invitée fan­tôme à déje­uner, mon antic­i­pa­tion crois­sante du milieu de l’après-midi, ma douce joie quand je te retrou­ve le soir, mon sous-chef de cui­sine, ma parte­naire de jeu, mon amante, mon tout. »

Puis la carte con­tin­u­ait : « Tout va bien se passer. »

Il avait écrit en dessous : « Et je serai là, à tes côtés, tou­jours.
Je t’aime.
PJ. »

Il a été là à chaque pas. Sa carte a telle­ment comp­té pour moi. Elle m’a soutenue tout au long de ce que j’ai vécu.
Puisque vous vouliez savoir…
Mish »

mise à jour :  20 juin 2021