
Aurais-je quitté le lac
éternel
Pour le torrent du temps ?
Comme un ange insensé
De ces points hauts
d’où j’observais la Vie
Se déployer en vies
Je décidai mon choix.
Alors je suis venu.
J’ai versé l’eau du ciel
Dans mes mains de terrien
Elle retomba en mots,
Mots
Pour exprimer
Et recevoir
Goût, sens, vitesse, poids, rythme.
Offrir mon sentiment
Et recueillir le tien
Plus loin que peuvent nos mains.
Des mots pour approcher
Et non pour éloigner.
Enfin !
Tremper les mots
Dans l’encre du silence
Et goûter ta présence
En souffle partagé.
Désormais c’est le corps
Et le mot se fait chair
À l’appel de la danse.
Mais toujours l’appel :
Revenir au point haut
Pour y sentir le vent
Résonner sur sa peau
Et s’y abandonner;
Offrir ses rêves au ciel
En roses sans épines
Semées dans le matin.
Puis se tenir debout
Comme un ange insensé
Et ouvrir grand ses ailes !
Et que le vent n’emporte
Que la beauté du vent…
Image : L’ange, de Benjamin Victor
