Poèmes
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Les aspérités tacitesQui me font revenir sur mes pasLourdeur,Pesanteur des sensFlaques étalantesOù plonge la lumière.
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J’ai connu le silencedur comme une améthystesur les murs blancs ruisselants d’ombre,dans le recueillement des saints. Dehors, la poussière du monde. J’ai connu la ligne pure,coupure, incision,dans l’étoffe du temps,d’une voix à six cordes. Les sabots d’un chevalfaisant crisser le thym,et soulevant des nuéesd’habitants invisibles. Au loin,des hordes de montagnesfaisaient danser l’horizondans la chaleur frangée.…
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Je suis l’exact point de convergenceDes forces sacralesEt des faiblesses humaines. Le passé s’est paré d’un éclat mort-néL’avenir aspire comme le vent. Sans doute aurais-jeRecueilli plus de sève fluideSi je n’avais moi-mêmePercé ma jarre sacrée,Des flèches capricieusesDe mes colères anciennes. À force de me débattre, J’ai fini par admettreL’incertitude fondatriceDes mages incertains. Je suis l’un…
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Être,sans détour ni masque,comme le vent traverse l’arbre :léger dans le geste,profond dans le chant. Avancer sans savoir,guidé par l’éclat d’une sourcequi ne parle qu’en silence. Offrir l’instantsans le retenir,recevoir sans se refermer. S’ouvrir comme s’ouvre l’aubefragile, entière. Rester centrédans l’orage et la clarté,ni pris, ni fuyant. Trouver en soice tendre noyau qui voit,et qui…
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Ton rire célèbre l’éphémèreJe n’ai jamais vouluQuitter ce monde.
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Peur, colèreCœur polaire
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Soleil rayonnant !Pourquoi s’obstinerÀ demander ?
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Je ne suis pascelui qui attend Je ne suis pascelui qui est attendu Je ne suis pasle voyageur du désertdont la soif s’abreuveà la poussièrede l’eau perdue, Je ne suis pasLes dunes,Ni le désert,Ni même la soif,Ni même l’eau, Ni paysageNi ce soleil Ni même visageNi même le ciel. Je suis cela et tout celaet…
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Mon souffle est retenuAu fil de soieDe ton absenceAu fil de toiDe ta présence.
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Même les mouvements de mes yeuxNe m’appartiennent pas.Fleurs sans pétales.
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Je suis issu d’un temps de pierre.Je suis issu d’un tempsoù le pas des hommesrésonnait sur la pierre.Où les hommes eux-mêmesraisonnaient sur la pierre.Un temps où sable, pierre, bois et verre bâtissaient des églises.Où les fontaines donnaient voix aux rochers.Un temps qui s’est perdu, mais qui, pourtant, demeure. Confusément le lien subsiste.L’ombre du pas d’un homme,Le cliquetis d’un…