Ce petit caillou vert pâle et translucide

Ce matin, sur la grève d’une crique méditer­ranéenne, un petit cail­lou vert pâle et translucide.

Un soleil mag­nifique, un ciel d’une pureté totale, emplis­sant l’espace d’un bleu à faire trébuch­er Yves Klein sur le tata­mi des anges. Une lumière bra­vant l’évidence cal­endaire, refu­sant d’admettre que l’été avait eu son temps.

Et ce tout petit cail­lou dans la petite main d’une enfant émerveillée.

Et plus loin, dans le parc munic­i­pal, ces bogues du grand arbre « caly­pus » ramassés à pleines mains, qui sen­tent bon et « répar­ent les petits bobos lorsqu’on les frotte dessus ». Mais d’où pou­vait venir cette idée ?

La lumière éclairant le vis­age de ma fille, ses pieds nus sur le sol, sa lib­erté heureuse sous cette belle lumière d’automne … Existe-t-il par­mi les créa­tions humaines chose plus grande et plus pré­cieuse que cet instant, puisant à la joie et l’émerveillement de l’enfance inno­cente ? me suis-je demandé.

Le monde des hommes est engagé dans une vaste folie col­lec­tive… il se déchire pas loin de là. Mais ici, ce matin-là, il se donne, il s’offre. Il est plein. Plein comme une évi­dence. Telle­ment plein que tous les matins d’avant se con­cen­trent en lui. Plus par­fait qu’il ne pour­rait jamais l’être, dans aucune théorie poli­tique, philosophique ou religieuse que ce soit.

mise à jour :  20 juin 2021