Comme un chant du silence

Ce n’est pas la cer­ti­tude
D’une tour de cathé­drale,
Pinceau de cal­caire clair
Enlu­mi­nant le ciel
En son vit­rail d’azur

Ni ce pour­pre d’un sûr
D’une corolle fière
Rétab­lis­sant ses liens
D’avec la lumière

Ce n’est pas le bour­don­nement
Cer­tain
Des hommes et des machines
Dou­blant, cou­vrant les rues
D’une riz­ière de sons
En strates lamellaires

Ni le sourire du vent
Dans la gorge entrou­verte
D’une fenêtre libre
Lais­sée au soir de l’air

Ni même ce fanal
Cette flamme de joie pure
Embras­ant cime d’automne
D’un feu de sagesse ocre
Dans une forêt d’émeraude

Ni les rires, ni le sol
Ni cette trace dans le ciel
Ni tout ce qu’on connaît

Insai­siss­able au cœur
Impren­able par l’esprit

Une forme est venue
De l’inconnu
Puis y est retournée

C’est une accep­ta­tion
D’un jeu d’un autre ordre
Aux règles ignorées
Sans joueur ni joué

Et puis, finale­ment
Y a-t-il même un jeu ?

Il n’y a rien à faire
C’est un don de mystère

Une parole énon­cée
Pas encore entendue

Un point de sus­pen­sion
Entre deux horizons

Comme un chant du silence
Au creux de l’accordance.

mise à jour :  20 juin 2021