Du bruit dans le cercle parfait du silence

J’aime cir­culer par­mi les tombes du cimetière de Père lachaise, il n’y a pas d’endroit plus tran­quille dans cette ville. Sauf en cet après-midi où vrom­bis­sent de toutes parts, et comme en écho, les moteurs des engins qu’emploient les agents du lieu pour chas­s­er les feuilles mortes et les regrouper ici et là.

L’homme s’y con­naît vrai­ment très bien pour faire entr­er le bruit dans le cer­cle par­fait du silence. Qui plus est, ce bruit me sem­ble inutile : le râteau et le bal­ais, c’était donc si inef­fi­cace que cela ?

Et le Grand Facétieux de rire de bon cœur du tour qu’il nous a joué : en don­nant le pou­voir aux marchands d’objets et de mots, il a dérobé aux sages l’usage de la ques­tion « mais com­ment fai­sait-on avant ? », pour l’offrir comme une gour­man­dise aux nos­tal­giques de l’âge d’or révolu.

mise à jour :  20 juin 2021