Supplique du petit saboteur

Une si petite taille
Pour un si grand pouvoir !

Petit saboteur,
Qui vit au creux de moi
Te régalant des fleurs noires
Enfantées par les pluies acides
Que toi seul commandes.

Tu incarnes l’envie
De conserver intactes
Les mémoires de l’offense.

Oublier serait perdre.

Est-ce ta supplique
Que j’ai cru recueillir
Dans cette nuit solitaire ?

« Si j’avais pu connaître
Qu’un cœur bienveillant
Me console de la perte,
Et qu’un regard aimant
M’aide à vivre le tourment,
Aurais-je conservé,
Comme des coques vides,
Toutes ces mémoires vives ? »

M’as-tu dit cette nuit.

Petit saboteur,
Je connais la réponse
C’est toi qui me l’as soufflée
Qui me l’a inspirée
Du fond de ton regard :

Si je t’offre en entier
Ce dont tu as manqué,
Si je t’ouvre les bras
Comme l’eau ouvre sa rive,
Tout peut se déposer
Et se déposera
Comme s’éloigne, légère,
Après la pluie d’hiver
La feuille d’or sur l’onde vive.s ces mémoires vives ? »

Petit saboteur,
Je connais la réponse
C’est toi qui me l’as soufflée
Qui me l’a inspirée
Au fond de ton regard :

Si je t’offre en entier
Ce dont tu as manqué,
Si je t’ouvre les bras
Comme l’eau ouvre sa rive,
Tout peut se déposer
Et se déposera
Comme s’éloigne, légère,
Une feuille sur l’onde vive.