archivedécembre 2015

Trois mots, deux mains, un baiser

« J’ai envie de t’embrasser ». C’était au temps des sources chaudes d’Obalia. Face à elle, il avait dit cette mots comme ces paroles tardives qu’on adresse à Dieu lorsqu’il s’est fait absence, et qui n’ont pas encore emprunté le sentier de la prière. Fidèle à ce choix d’elle qu’il avait accepté d’honorer — jusque dans le respect des frontières sinueuses qu’elle...

Même la fleur la plus souple

A toi qui, femme ou hommeAttend ou bien élève l’enfant S’il te plaît,Accueille-le, fais-lui toute la place Ne lui tourne pas le dosSinon l’homme ou la femme qu’il deviendraSans cesse cherchera la lumière Ne le violente pasSinon il vivra de conflits Ne le rejette pasSinon le monde entier le rejettera Ne le soumet pas inutilementIl se retournera contre toiEt vivra de vengeance Ne l’entame...

Oublierais-je, une à une, toutes les pierres de Rome

Oublierais-je, une à une toutes les pierres de Rome et la poussière de rêve de ceux qui furent ses hommes les façades fardées du plaisir d’être vues géométrie sacrée aux angles de chaque rue et les vols de corneilles sur le Palatino appelant de leurs chants « revive, colosseo » Des nuées photophores de leurs doigts aquifères dessinant des secrets sur le bleu des pavés Ou ces vols...

La fin de la plainte

Lorsque la femme de Zhuangtsi mourût (1), Huis (Hui Shi) vint présenter ses condoléances. Il trouva Zhuangtsi accroupi, genoux écartés, occupé à taper sur un pot et à chanter. Huizi lui dit : «Quand on a vécu avec une personne, élevé des enfants et vieilli avec elle, c’est déjà un comble de ne pas pleurer sa mort, mais que dire de cette façon de taper sur un pot en chantant!»...

Umaniti est le blog de textes et poèmes de Dominique Radisson.