Les larmes
d’un président

Un tel homme ne se rencontre pas deux fois dans un siècle. Il y aura eu, dans ce siècle, Barack Obama.

L'Amérique n'était pas prête pour cet homme.

À peine élu, il a dû faire face à la plus forte obstruction du Congrès que les Etats-Unis aient connu. Quasiment tout ce que cet homme a essayé de faire a été systématiquement combattu pied à pied et rejeté par l'opposition, révélant en cela la terrible force de la fracture raciale du pays. Malgré cela, il ne s'est jamais départi de son élégance, ni de sa vision. 

Bien sûr, il y a l'épuisement physique et nerveux d'une fin de campagne marquée par la victoire. Il n'empêche, ces larmes-là sont plus que cela.

Un homme politique capable de laisser des larmes d'émotion couler publiquement laisse présager, malgré sa rareté, d'un temps où sentiments et émotions ne seront plus antinomiques avec la fonction suprême. Loin de mettre en péril sa légitimité et sa compétence aux yeux des peuples, elles les renforceront. Voila ce que Barack Obama préfigure, tout comme Nelson Mandela a pu le faire, ou Bobby Kennedy en son temps.

Un jour, la politique s'humanisera, elle-aussi. Barack Obama fera partie pour l'histoire de celles et ceux qui auront montré la voie.